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Pseudo: le Pèlerin de BanneuxCatégorie: FamilleDescription:
Né il y a 58 ans, élevé dans une famille de mineurs, un frère cadet de deux ans, mariée depuis 33 ans, nous avons 3 filles, 2 fils, et 4 beaux enfants. Ceux-ci mariés, nous ont déja fait la grâce de 4 petits-fils et deux petites-filles.
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Jeudi 22 Mars 2007

La colline de Vézelay menacée

vezelay_ext1.jpg
Photo David Fugère

Un collectif d'habitants de Vézelay (Yonne), site classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1979, m'alerte sur un projet municipal de construction d'un édifice sur un flanc de la colline éternelle.


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Voici la lettre du collectif datée du 2 janvier :

"Un projet de construction municipale menace le site de VEZELAY

Il est contesté en justice par un collectif d’habitants

Vézelay en Bourgogne, à mi chemin entre Paris et Lyon, un des plus beaux villages de France. Sa célèbre abbatiale romane au sommet de la «colline éternelle» a été classée par Mérimée dès 1840. En 1979 Le site a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du Patrimoine Mondial. Un secteur sauvegardé approuvé en 2004 protège la ville à l’intérieur de ses remparts.
Vézelay vient d’être classé second parmi 94 sites prestigieux du Patrimoine Mondial de l’UNESCO par le National Geographic Traveler, en partie grâce au commentaire suivant « No imminent threat of dangers » ! Pas de menace de danger imminent !

Mais

Un projet municipal de construction sur le flanc sud de la colline comprend deux commerces et un ensemble de bureaux improprement dénommés « maison médicale ». Longtemps gardé secret, ce projet menace le site.
Le permis de construire accordé est contestable sur plusieurs plans :

- Implanté en entrée de ville, à proximité des remparts, le futur complexe occultera le panorama sur la ville que l’on découvre en y arrivant ; il sera vu depuis tout le flanc sud de la ville jusqu’aux terrasses entourant la basilique.

- Son architecture est médiocre, de type colonial, en rupture complète avec la qualité architecturale du lieu.

- Sa dimension est hors d’échelle avec le bâti vernaculaire ancien : 812 m2 d’emprise au sol, 46 mètres de long, 10 mètres de haut.

- Son aspect extérieur de propret pavillon de banlieue, souvent rencontré dans les villes nouvelles, dépare le lieu : parpaings enduits, pierres beiges de placage et sols en béton désactivé.

- Situé en site classé, aux abords et en co-visibilité de monuments historiques, le projet aurait du recevoir l’avis express de l’A.B.F. (Architecte des Bâtiments de France).

- Le volet paysager venant étayer la demande de permis de construire, par sa présentation et ses lacunes, ne permettait pas d’apprécier en connaissance de cause l’intégration dans le site des bâtiments projetés et leur impact visuel devant la silhouette de la ville.

Cette importante construction de quatre pavillons accolés et ceinturés d’une galerie de liaison en zinc posée sur des potelets métalliques, au premier plan des remparts de la cité enlaidira la ville.
Cette erreur manifeste d’appréciation a choqué un certain nombre des 400 habitants. Quatre vingt d’entre eux, rassemblés en un « collectif pour le respect de la colline », ont contresigné, en août, un recours gracieux. Plusieurs tentatives de dialogue ayant échoué, un recours contentieux a finalement été déposé au Tribunal Administratif de Dijon le 4 décembre 2006, complété par un référé en suspension des travaux. Le collectif attend sereinement la décision du T.A.

Favorables à toute amélioration d’un service médical local satisfaisant, nous estimons que ce louable objectif ne justifie pas de massacrer le site, d’autant plus que d’autres possibilités d’implantation existent mais n’ont pas été explorées et que l’onéreux projet, dont un tiers de la surface est commercial, n’apportera à la population aucune amélioration sur le plan médical.

Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous informer de ce dossier si mal monté dont la réalisation mettrait en péril l’équilibre fragile et multi séculaire qui perdure entre la cascade des toitures anciennes et le paysage environnant.

Le collectif pour le respect de la colline"

Cette lettre est notamment signée par MM. Philippe AUVERNY-BENNETOT, Pierre MORICE et Lorant HECQUET.

Lire également "Vézelay, plus près du ciel" (article et photos parus dans Pèlerin à la Toussaint 2005)

publié par le Pèlerin de Banneux dans: Chrétiens dans le monde
Jeudi 22 Mars 2007
J'ai 58 ans bientôt, je suis catholique de moins en moins pratiquant; j'ai déménagé de nombreuses fois dans ma vie, et il est assez difficile à chaque fois d'entrer dans une nouvelle communauté; Ceci étant, je suis avec grande attention ce qui se passe dans l'Eglise, je suis lecteur régulier de Pèlerin que je lis avec ma mère âgée de 82 ans, chaque semaine ainsi que d'autres revues venant d'autres horizons religieux; cela nous donne entre autre chose l'occasion d'échanger sur un certain nombre de sujets, en faonction des sujets et des lieu de provenance de notre courrier; je suis d'ailleurs étonné de voir combien nous avons de points communs concernant l'Eglise...autant j'ai apprécié le concile Vatican II, autant maintenant je me trouve de plus en plus éloigné d'une Eglise de plus en plus "intellectuelle", plus du tout proche de tout un chacun, de moins en moins "moderne" et de plus en plus intégriste ; qui va être intéressé par une telle évolution ? Il est temps de se "reprendre" !
Alain Durigneux
publié par le Pèlerin de Banneux dans: VATICAN
Jeudi 15 Mars 2007
Jean-Claude Guillebaud

"Comment je suis redevenu chrétien"















Comment je suis redevenu chrétien, Albin Michel, 190 p. ; 14€.
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Le titre de votre livre, Comment je suis redevenu chrétien, suggère que vous avez été chrétien, puis cessé de l'être. Comment s'est opéré ce « reflux » ?

Oh ! le plus banalement du monde. Tout en étant de tradition catholique, ma famille n'était pas très pratiquante, hormis ma mère. Comme beaucoup de jeunes de ma génération [Ndlr. Jean-Claude Guillebaud est né en 1944, à Alger], j'ai fait ma communion, puis j'ai cessé toute pratique religieuse. J'ai vécu cela sans drame. Je n'avais pas de compte à régler avec l'Eglise catholique.

Ce qui frappe, dans votre retour vers la foi, c'est que, contrairement à d'autres, il ne répond à aucune nostalgie, aucune épreuve personnelle, aucun désarroi existentiel...

C'est vrai ! Ma démarche n'a rien de sentimental. Après avoir été longtemps grand reporter, présent sur bien des lieux de conflit à travers le monde, je suis devenu éditeur, au début des années 1980, puis essayiste. Conscient d'assister à un véritable basculement de civilisation, je me suis alors interrogé sur ses causes, mais également sur les fondations à préserver pour éviter une certaine forme de déclin. De livre en livre, j'ai été surpris de redécouvrir comme une évidence la pertinence du message évangélique, mais de manière rationnelle, quasiment anthropologique.

Et cela alors même que l'idéologie dominante était plutôt à la dérision, à la contestation de l'héritage chrétien.

L'inculture contemporaine sur ces questions est abyssale. Moi-même, je ne soupçonnais pas, au moment où j'ai engagé ce travail, à quel point nous restions, même au coeur de notre laïcité française, les héritiers d'une tradition judéo-chrétienne. Je me souviens m'être interrogé, alors que mes filles approchaient de l'adolescence, sur la manière dont je pourrais répondre à leurs questions sur la sexualité. J'ai décidé de mener l'enquête, en toute objectivité. Ce fut la matière de mon livre La tyrannie du plaisir (paru en 1998). J'ai découvert à quel point la Grèce antique, par exemple, avait pu être pudibonde et l'Eglise, historiquement, plutôt tolérante. En fait, le moralisme dont j'avais souffert, dans ma jeunesse, était moins lié au christianisme lui-même qu'à l'esprit petit bourgeois du XIXe siècle, véhiculé, c'est vrai, par une hiérarchie catholique majoritairement issue de ses rangs.

Au départ de votre retour vers la foi, il y a donc ce constat que les « valeurs » qui font consensus dans notre société viennent du christianisme.

Oui, alors même que les Français progressistes sont persuadés qu'elles ont été arrachées à l'obscurantisme judéo-chrétien ou à l'autoritarisme clérical. Prenez l'individualisme, l'idée de primauté de la personne sur le groupe, c'est une idée que l'on ne trouve ni chez les Grecs ni dans l'islam ; il en est de même de l'aspiration égalitaire magnifiée par saint Paul dans l'épitre aux Galates : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; il n'y a plus ni esclave ni homme libre ; il n'y a plus l'homme et la femme ; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus-Christ. » On peut faire le même constat sur les notions d'universalité, de progrès et, bien sûr, d'espérance, qui substitue l'idée de « sens de l'Histoire » à celle de la tradition grecque ou orientale du temps circulaire, de l'éternel retour.

Est-ce à dire que les catholiques doivent chercher à récupérer ce patrimoine ?

Surtout pas ! D'une certaine manière, le christianisme triomphe et meurt, pour une part, d'avoir ainsi enfanté la modernité. L'urgence est moins de rechristianiser ces valeurs communes que de prendre collectivement conscience de leur origine, de la manière dont, historiquement, elles l'ont emporté sur d'autres conceptions du monde pour mieux identifier les dangers qui aujourd'hui les menacent. Car l'époque porte en elle la tentation de se résigner aux inégalités, de ne plus croire ni au progrès ni à la démocratie... Je garde en mémoire cette réflexion du philosophe René Girard : « C'est ce qui reste de chrétien en elles qui empêche les sociétés modernes d'exploser. » 

Mais le christianisme se réduit-il à des valeurs, fussent-elles humanistes ?

Non, bien évidemment ! La seconde étape de mon cheminement personnel a été, précisément, de redécouvrir à quel point l'Evangile était de la nytroglycérine trop longtemps enrobé de sucre. Le christianisme n'est pas une religion parmi d'autres. Il y a un avant et un après dans l'histoire de l'humanité. Nietzsche l'avait bien compris. La subversion biblique, c'est la défense du faible, de la victime à laquelle Dieu s'est identifié, là où les civilisations antiques magnifiaient la force. C'est ce retour de la barbarie qui nous menace. Aujourd'hui, le problème du christianisme est donc moins un problème de contenu, de pertinence, que de langage. Nous continuons de psalmodier pieusement des choses qui sont devenues lettres mortes. Or, on peut passionner les gens si on parle leur langage.

Vous voilà qui dites « nous », vous avez donc plongé. Vous revoilà chrétien !

Il y a un moment où la question s'impose : l'Evangile est d'une telle force qu'il ne peut être une simple production humaine. Il faut franchir le pas, oser se dire croyant. Alors, tout s'enchaîne avec une facilité déconcertante. On redécouvre que le génie du christianisme (il a tout de même « enterré », sur une période récente, le marxisme, la psychanalyse, le structuralisme et la prétendue modernité) est d'avoir pu s'appuyer sur une institution, l'Eglise, certes imparfaite mais que les saints, tout au long de l'Histoire, ont su préserver en la critiquant plus radicalement qu'aucun athée ne le fera jamais. On redécouvre que l'on n'est pas croyant tout seul, mais que la foi est relation à Dieu et aux autres ; que l'amour n'est pas conclusif mais inaugural. Ce n'est pas parce que je connais quelqu'un que je l'aime ; c'est parce que je l'aime qu'au travers de cet amour je peux enfin le connaître vraiment. Il y a là un vrai trésor de la foi que les croyants doivent redécouvrir pour eux et faire partager aux autres qui, sans doute, n'attendent que cela.

Propos recueillis par René Poujol
Photo : Gaillardin /Opale


J'ai eu la chance de lire cet ouvrage, je vous le recommande.
publié par le Pèlerin de Banneux dans: La Vie d'un chrétien
Vendredi 02 Mars 2007
Religion
Tombe de Jésus : la nouvelle polémique
Dans son nouveau documentaire, James Cameron tend à prouver que Jésus a eu un fils avec Marie-Madeleine. Le point sur la polémique et les réactions dans les millieux scientifiques et religieux.













Raisonnements pseudo-scientifiques sur la famille de Jésus

Depuis lundi 26 février, une nouvelle fracassante émeut les chrétiens : Jésus ne serait pas ressuscité, ses ossements auraient été retrouvés dans un coffre de pierre, découvert à Talpiot, un quartier de Jérusalem !

C’est en tous les cas ce qu’a affirmé lors d’une conférence de presse, James Cameron, réalisateur du film « Titanic » et producteur d’un documentaire sur ce sujet « La tombe perdue de Jésus » qui sera diffusé sur Discovery Channel le 4 mars prochain, à destination du public américain, avant d’être repris en Amérique du Sud dès le 18 mars.

Dans la prestigieuse Bibliothèque publique de New York, élégamment vêtu de noir, James Cameron posait aux côtés d’un ossuaire de calcaire qu’il a présenté comme étant la vraie sépulture de Jésus : « C’est la plus importante histoire archéologique du siècle, s’est-il enthousiasmé. Et je crois qu’elle est vraie ! »

Des trouvailles archéologiques sans conclusion immédiates

L’affaire commence en 1980 : l’archéologue israélien Shimon Gibson et deux de ses confrères sont appelés à la rescousse : un bulldozer chargé de creuser les fondations d’un immeuble à Talpiot vient d’éventrer une tombe. Les archéologues parviennent à sauver dix ossuaires du désastre et étudient la tombe qui est ensuite définitivement détruite.

Les ossuaires répondent à une coutume très répandue en Judée au cours du 1er siècle de notre ère qui consiste à récupérer un corps enterré depuis un certain temps et à le placer dans un coffre de pierre que l’on grave au nom du défunt, dans un sépulcre familial.

Les archéologues identifient à l’époque le nom de « Jésus fils de Joseph » en araméen sur l’un de ces ossuaires, le nom romain de « Maria » transcrit en hébreu sur un autre ; de « Matthieu », de « Yose » toujours en hébreu, de « Mariamene e Mara » en grec et de « Judas fils de Jésus » à nouveau en araméen.

Ils n’en tirent aucune conclusion et pour cause : « sur 900 tombeaux de la même époque retrouvés dans un rayon de quatre kilomètres autour de la vieille ville de Jérusalem, le nom Jésus ou Yeshu a été retrouvé 71 fois et celui de « Jésus fils de Joseph » a aussi été retrouvé » a expliqué à l’Agence France Presse, Amos Kloner, archéologue israélien, grand spécialiste de l’histoire funéraire de cette époque.

Une thèse développée à partir de la sémantique et de tests ADN

Mais selon le réalisateur du film, Simcha Jacobovici, les archéologues n’ont pas tenu compte d’une autre information : le fait que Mariamene serait le nom donné dans des textes du IV e siècle à Marie-Madeleine.

A partir de ce rapprochement, si l’on en croit les auteurs du documentaire, tout s’enchaînerait parfaitement : selon une probabilité très forte de 600 contre 1, la tombe abriterait la vraie famille de Jésus de Nazareth dont le père s’appelait bien Joseph.

Yose serait un de ses quatre frères cité dans les Evangiles, et Marie-Madeleine son épouse. Pourquoi ? Parce qu’elle est placée dans une tombe familiale et qu’elle n’a aucun lien de sang avec Jésus ! L’équipe de cinéma s’en est assurée en faisant effectuer des tests ADN. Et c’est cette démonstration qu’ils qualifient de « scientifique » qu’ils viennent de servir aux médias du monde entier.

Une conclusion trop hâtive selon les scientifiques

Seulement, les failles du raisonnement sont extrêmement nombreuses et commencent à être pointées par différents spécialistes, un peu surpris d’un tel emballement pour cette « information ».

Jean-Sylvain Caillou, archéologue et auteur d’une thèse sur les tombes de Palestine résume ici leurs doutes : « Pour attribuer la tombe à la famille de Jésus, James Cameron et ses amis devaient expliquer la présence des ossements d’un « Judas fils de Jésus ». Pour ce faire il fallait trouver une épouse à Jésus. Marie étant la mère supposée de Jésus, il ne pouvait s’agir que de la seconde femme mentionnée sur les ossuaires : « Mariamene e Mara ». Mais pour que cela soit crédible il fallait chercher une correspondance avec les évangiles, Marie-Madeleine leur est apparue comme la meilleure candidate, et ils ont alors établi un rapprochement entre les deux noms et ont effectué des analyses ADN pour tenter de prouver le mariage. Mais si le nom Mariamene apparaît seulement au IV e siècle pour désigner Marie-Madeleine, comment peut-il faire référence à ce personnage lorsqu’il est utilisé sur un ossuaire du I er siècle ? Et en quoi l’absence de liens du sang entre cette femme et « Jésus » permet-il de conclure à leur mariage ? N’y avait-il pas d’autres femmes dans les ossuaires anonymes ? »

Plus important encore : « Si les cinéastes de Discovery Channel avaient les moyens de pratiquer des tests ADN, pourquoi n’ont-ils pas systématiquement tenté de retrouver les liens familiaux entre toutes ces personnes ce qui nous éclairerait vraiment ? s’interroge-t-il. Et pourquoi n’avoir pas parlé à cette conférence de presse de l’âge des morts que l’on peut déterminer d’après leurs ossements? Est-ce que les ossements de ce Jésus portaient des traces de clous ? Qu’est-ce qui dans l’étude de cette tombe permet d’en préciser suffisamment la datation pour être sûr qu’elle correspond bien à l’époque de la mort de Jésus ? » Autant de questions qui mettent grandement en cause le sérieux de l’entreprise.

Mais finalement, il s’agit là de détails. Pour lui, le problème réside davantage dans l’absence d’éthique scientifique : « En archéologie, tant que vous ne pouvez pas dire à 100% qu’une tombe est celle d’un personnage historique, vous ne devez rien affirmer. Une seule inconnue, et c’est déjà le risque de se tromper! »

La Bible n'est pas à lire au pied de la lettre

Surtout, Jean-Sylvain Caillou estime que le réalisateur tourne en rond, abandonnant toute logique : « vous pouvez utiliser une découverte archéologique explicite pour confirmer ou démentir un texte, mais si vous utilisez un texte pour authentifier une découverte et que cette découverte montre que le texte est faux, cela pose un sérieux problème de méthode »

Dans le domaine très sensible de l’archéologie des sites bibliques, il arrive souvent que des gens veulent démontrer jusque dans le détail le plus technique, l’existence matérielle d’un fait relaté par les textes.

Par exemple, ils recherchent la trace dans le sol des fléaux naturels décrits dans l’énumération biblique des dix plaies d’Egypte, même si une étude poussée du texte montre bien que cette liste est davantage un condensé des pires catastrophes que peut redouter l’homme qu’une description d’événements historiques précis.

Exégètes et théologiens juifs et chrétiens en sont, pour la plupart, convaincus depuis longtemps également : le sens qui est à décrypter derrière une telle description enrichira, selon eux, bien davantage la méditation du croyant qu’une lecture littérale.

Ce film « La tombe perdue de Jésus » et le livre qui l’accompagnent semblent donc avoir été bâtis avant tout autour de l’idée d’attiser la curiosité du public par un faux scandale. Nul doute qu’ils feront gagner beaucoup d’argent aux éditeurs qui ont bien compris la recette du Da Vinci Code.

Sophie Laurant, chef de rubrique au Monde de la Bible
Photo : Kathy Willens/AP/SIPA

A lire aussi : Jérusalem sur les pas de Jésus
publié par le Pèlerin de Banneux dans: Eglises
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